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[don't hate the media... become the media]   08/01/09 - 06:14
[dépêches]


Blocage d’un Burger King a Beyrouth
Premiers pas de l’action directe non-violente à Beyrouth

15 avril 2002 : blocage non-violent d’un Burger King, pour appeler au boycott des produits américains, en réaction à la politique des USA dans le conflit israélo-palestinien.

Le contexte local de crise, les conflits armés, conduisent à des pratiques militantes musclées ; même si les manifs pacifiques sont ici chose courante, l’action directe non-violente n’est pas une habitude locale. C’est donc la première action de ce type organisée par des militants libanais.

Nous sommes dix : trois chichons et sept libanais (quatre filles et six garçons) ; nous sommes peu nombreux car il a fallu ne choisir que des personnes capables de s’en tenir à un comportement non-violent.

Notre rôle, au-delà de notre expérience de ce type d’action, tient à notre passeport français : en effet, notre présence est susceptible de minimiser les risques d’intervention (très) violente de l’armée – la police n’étant pas habilitée à nous expulser du restaurant par la force. En effet, la dépendance du gouvernement libanais vis-à-vis des pays occidentaux rend délicate la molestation de leurs ressortissants.

Toutefois, selon les organisateurs, une issue violente est envisageable : l’expulsion manu militari – avec, en option, lacrymos ou tabassage – suivie d’une arrestation ; le dessert consistant pour nous en une éventuelle expulsion du Liban, ce serait dommage, avouez-le, 36 heures après notre arrivée à Beyrouth. C’est pourquoi nous avons beaucoup hésité avant de nous décider à participer à l’action, d’autant que l’on n’a appris les modalités de l’action qu’une heure avant.

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L’action consiste en l’occupation du restaurant par le blocage des caisses. Nous entrons incognito puis nous asseyons en même temps devant les caisses, formant une chaîne humaine en nous tenant pas les bras. Une cinquantaine d’autres militants s’asseyent devant le restaurant.

Nous tenons des panneaux indiquant : « sauvez des vies palestiniennes en boycottant les pays finançant Israël », « les balles israéliennes sont fabriquées en Amérique », « nos dirigeants ne "peuvent pas", nous, nous pouvons : boycottez ! », etc. Le message veut n’avoir aucune connotation religieuse, et éviter tout amalgame avec le Hezbollah.

Le gérant s’énerve un peu. Nous lui expliquons le sens et la forme de notre action. Comme nous refusons de quitter les lieux, il fait venir la police sur place. S’ensuivent des négociations incessantes, durant lesquelles nous opposons, à l’illégalité de l’action mise en avant par les flics, son caractère international et non-violent. De ce fait, nous réussissons à imposer notre présence pendant 45 minutes, après quoi nous quittons le Burger King, continuant notre chaîne humaine à l’extérieur, entourés par celle formée par les autres participants. Puis, par crainte des arrestations, nous nous dispersons rapidement.

Cette action a été un réel succès, car elle a montré la possibilité d’actions directes non-violentes mais efficaces à Beyrouth : l’absence de répression a légèrement surpris nos camarades libanais, habitués à des rapports plus « tendus » avec la flicaille locale ; l’action n’a pas été récupérée par le Hezbollah ; enfin, tout ceci s’est déroulé sous les yeux d’une dizaine de journalistes et photographes, nous assurant ainsi l’impact médiatique désiré.

Délagation de Chiche ! au Liban, pour les « tentes de la résistances »


Mis en ligne le vendredi 19 avril 2002, par Thierry
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