Le mardi 20 novembre 2001, durant la campagne pour les élections étudiantes aux conseils centraux de l’université Paris I, des militants de l’UNEF (ex-UNEF ID) décidèrent de s’approprier l’ensemble des panneaux d’affichage du centre Pierre Mendes France ("Tolbiac"), recouvrant en particulier les affiches de la CNT, de SUD-Etudiant et du CEPS (ex-UNEF Autrement).
Ce genre d’incident est loin d’être inédit à Paris I. La "reunification" de l’UNEF semble en effet avoir tourné la tête à certains membres du "syndicat étudiant", qui se voit apparemment déjà comme l’organisation majoritaire, voire hégémonique, dans toutes les universités de France et de Navarre, déniant aux autres organisations le droit d’expression et d’affichage.
Des militants de la CNT Paris I se rendirent donc au local de l’UNEF pour protester contre ces pratiques. Un échange bref et vif s’ensuivit. Les choses auraient pu et dû en rester la. Mais l’UNEF décida alors de s’adresser à la présidence de Paris I, afin que celle-ci traduise en conseil de discipline l’un de nos camarades présent ce jour-là. Plus grave, une adhérente de l’UNEF porta plainte au commissariat contre le même camarade, pour "violence" et "menaces de mort". Deux accusations, faut-il le preciser, totalement science-fictionnesques. Plusieurs syndicats étudiants de Paris I ont d’ailleurs montrés leur solidarité vis-a-vis de notre camarade en témoignant de la mauvaise foi et de l’agressivité permanente dont faisait preuve l’UNEF, et en dénoncant ce que l’on peut sans peine qualifier de répression anti- syndicale.
Mais dans cette affaire, la direction de l’université n’est pas neutre.
Dans le dossier d’accusation, les seuls témoignages écrits proviennent en effet d’individus n’appartenant pas à l’UNEF, qui n’étaient pas présents lors de l’incident, mais qui font tous partie de l’administration de Paris I. Deux des cinq documents sont même redigés par le directeur du centre Pierre Mendes France, Mr Pierre Pech, et une de ses adjointes. Dernière bizarrerie en date, l’entrevue préliminaire du conseil de discipline s’est tenue sans "l’accusé", qui n’y avait pas été convoqué à temps. Malgré cette irrégularité flagrante et nos demandes de reports, la commission a jugé bon de continuer la procédure. Cette volonté de faire justice de la part de fonctionnaires censés rester impartiaux pourrait sembler troublante, s’il n’y avait pas déjà plusieurs motifs de discorde entre la section CNT Paris I et la direction du centre.
Ainsi, en septembre 2001, une militante de la CNT a ete blessée lorsqu’une table de presse de notre organisation fut évacuée manu militari du hall de l’université, sur ordre de Mr Pech. Notre camarade a eu cinq jours d’arrêt de travail ; elle a porté plainte, et l’affaire est en cours de traitement. De même, en 1998, un autre camarade de la CNT Paris I avait deja été menacé de sanctions disciplinaires sous des pretextes totalement infondés.
Y aurait-t-il collusion entre un syndicat étudiant qui, parce qu’il est majoritaire, ne respecte plus les regles élementaires de démocratie syndicale, et l’administration de notre centre qui veut faire taire des syndicalistes trop actifs ? On est en droit de se le demander alors que le dossier d’accusation semble bien vide.
Nous vous demandons de protester auprès de la direction de Paris I (adresses ci-dessous) afin que le libre droit de reunion et d’expression soit respecté dans cette université comme dans l’enseignement superieur en général. De même, n’hesitez pas à discuter de cette affaire avec les militants de l’UNEF que vous connaissez.
Section FAU Paris 1/4
Vous pouvez adresser vos protestations a :
- M. le Professeur Bernard Castagnede, president de la section disciplinaire du Conseil d’Administration. Universite Paris 1, bureau 416, 12 place du Pantheon, 75231 Paris cedex 05 Fax : 01.44.07.17.75 E-mail : ufr01@univ-paris1.fr
- M. le Professeur Michel KAPLAN, President de l’Universite Paris 1. Universite Paris 1, 12 place du Pantheon, 75231 Paris cedex 05. Fax : 01.46.34.20.56. E-mail : cabpresi@univ-paris1.fr
NOTE : adressez-nous par courrier ou par e-mail les protestations que vous aurez juge bon d’envoyer.