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[don't hate the media... become the media]   12/05/08 - 08:42
[dépêches]
FRANCE

Le MNETS appelle à manifester et à une rencontre entre les associations et syndicats professionnels

Suite au premier tour des élections présidentielles du 21 avril, le MNETS ne peut qu’être attristé par les résultats plaçant au deuxième tour un candidat de droite et un d’extrême droite. Deux éléments touchent directement notre mouvement. Tout d’abord, notre action et nos revendications se sont toujours placées sur un aspect progressiste du travail social.

De par notre volonté de réclamer un travail social de service public pour tous, de par notre demande d’un réinvestissement de l’Etat dans nos formations, de par notre refus de laisser le social aux employeurs et autres financeurs privés, de par notre contestation du manque de reconnaissance de nos professions et donc des personnes qui en bénéficient, de par nos valeurs d’ouverture et de solidarité, nous sommes évidemment plus proches des aspirations des partis politiques de gauche. La disparition de la gauche au deuxième tour est pour nous un véritable coup d’arrêt au mouvement réformiste que nous appelons depuis un an. Un point nous touche plus particulièrement dans les raisons de cette déroute : le débat sur l’ insécurité. Ce débat, nous l’avons vécu comme un mépris quotidien des réalités que nous rencontrons dans le cadre de nos professions. L’insécurité fut décrit comme le fruit de bandes de jeunes, immigrés de préférence, issues des quartiers populaires, ces derniers étant taxés de véritables de zones de non-droit abandonnés aux mains de mafias locales surarmées. L’ utilisation de représentations collectives, par les principaux partis politiques ainsi que les médias, ont nourri un climat de peur et d’angoisse, divisant ainsi les populations, et permettant d’éviter les vraies problématiques de ces quartiers qui appeleraient des réponses d’une autre ampleur que la multiplication des forces de l’ordre.

Ce n’est pas le climat et le sentiment d’insécurité qui a permis la présence d’un candidat raciste au 2ème tour : c’est leur utilisation prétendue politique. Les voix dénonçant le fourvoiement des politiques, et surtout des forces de gauches, dans ce faux-débat, ne se sont pas élevées assez haut. Le silence des travailleurs sociaux dans les médias non-spécialisés finira par se payer très cher dans nos professions. Aujourd’hui, nous ne pouvons que craindre une surenchère sécuritaire et une stigmatisation de plus en plus oppressante pour des populations boucs émissaires (jeunes, immigrés, gens du voyages, personnes toxicomanes...).

La disparition de la gauche dans le débat présidentiel est un signal, dramatiquement inédit. Le face à face entre la droite libérale et l’extrême droite est l’occasion de réaffirmer la nécessité de mobiliser les travailleurs sociaux. Est-il vraiment utile de rappeler que le FN a fait récemment l’apologie du régime de Vichy ? Est-il utile de rappeler quelle fut la nature du « travail social « sous ce même régime ? Et plus proche de nous, les travailleurs sociaux des mairies FN (Orange, Vitrolles, Toulon, Marignane) peuvent témoigner de leur impossibilité croissante à exercer leurs professions. L’extrême droite remet en cause tous les fondements éthiques de nos professions. Sous un régime nationaliste, le travail social disparait pour laisser la place au contrôle social et tout son attirail fasciste (mise en place de normes ethniques, physiques, religieuses, politiques...). L’avenir est désormais plus qu’assombri pour les valeurs du travail social que nous défendons. Il sera forcément très difficile de faire entendre notre voix auprès des dirigeants de droite qui ont prôné « l’ impunité zéro « , la vidéo-surveillance, la privatisation de tous les services publics, la réforme de l’ordonnance de 1945, la réouverture des maisons de redressement...

Aujourd’hui, il nous semble prioritaire de nous prononcer fermement contre la candidature xénophobe, sexiste, homophobe, ultrasécuritaire... et d’agir dans ce sens. C’est pourquoi le MNETS doit participer à toutes les manifestations anti-FN. Le travail social est directement menacé par ce parti, doit-on attendre qu’il soit directement attaqué pour réagir ? Avant qu’il ne soit trop tard, le MNETS appelle les étudiants et travailleurs sociaux, les syndicats et associations du travail social à se rassembler afin d’établir une force prête à se mobiliser face aux attaque libérales ou fascistes que pourrait subir le travail social dans quelques mois. Ces rassemblements peuvent prendre la forme de réunions dans les institutions sociales, des cortèges de travailleurs sociaux dans les manifs et l’ élaboration de propositions claires sur nos conceptions du travail social. Le 1er Mai peut être également une formidable occasion pour tous se retrouver dans la rue et construire une nouvelle mobilisation nationale salutaire des travailleurs sociaux.

Brice MENDES, président du MNETS


Source/auteur : HNS correspondance
Mis en ligne le jeudi 25 avril 2002, par HNS correspondance
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